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Le nougat de Montélimar, une légende vivante
Quand on parle de Montélimar, généralement, le mot qui vient tout de suite à l'esprit est nougat. En effet, le nougat de Montélimar est l'une des friandises les plus populaires et les plus réputées dans le monde.
 
Sa date de création n'est malheureusement pas connue mais sa présence en France est avérée depuis l'Antiquité. Marseille a eu longtemps le monopole de sa fabrication avant d'être supplantée par Montélimar à la fin du XVIème siècle grâce à la production d'amandiers par Olivier de Serre. C'est alors que l'amande remplaça les noix et que le nougat devint l'apanage de Montélimar.

Mais en ville, on préfère raconter la légende de la Tante Manon pour expliquer la présence du Nougat dans la cité. Selon elle, cette habitante de Montélimar de la fin du XVIIème siècle, avait pour spécialité une friandise dont elle gardait jalousement le secret. Les enfants à sa simple vue s'exclamaient en disant "Tante Manon, tu nous gâtes". Or, à sa mort, elle légua à sa plus jeune nièce sa recette intitulée nougat en l'honneur de cette phrase qui lui fut tant répétée.

Aujourd'hui, le nougat est devenu une friandise très commercialisée fabriquée soit de manière industrielle sous vide et soit artisanalement avec l'utilisation de chaudrons en cuivre pour la cuisson du nougat. Le syndicat français de fabricants de nougat de Montélimar et de ses dérivés évalue entre 3 200 et 3 500 tonnes la production annuelle de nougat en France.

Visite de la maison Arnaud Soubeyran :

La maison Arnaud Soubeyran est la plus ancienne fabrique de nougat encore en activité. Créée en 1837, la fabrique connut de nombreux propriétaires avant d'être acquise en 1980 par Charles Brotte. Ce créateur de la fiole du pape, Montilien de naissance, reprend en main la fabrique en lui donnant de nouveaux locaux et en embauchant un cuiseur nougatier expérimenté. Cette marque de nougat retrouva ainsi ses lettres de noblesse. Il est possible de visiter cette fabrique toute l'année, avec une dégustation en fin de parcours. Une nougathèque retrace l'histoire du nougat et de ses méthodes de production. Une large ouverture donne sur les cuisines et permet aux visiteurs d'observer les différentes étapes de sa production.


A noter : Plusieurs fabriques dans la ville proposent de visiter leurs ateliers.


Montélimar :
Située dans la Drôme, Montélimar est une ville conviviale et chaleureuse. Vous découvrirez la richesse historique et culturelle d'une ville qui a traversé les siècles sans vraiment connaître de profondes transformations. Les arpents de vigne dont les grands crus font le renom de cette région, le doux parfum de lavande qui envahit les champs alentours tout comme les marchés provençaux donnent un charme et une douceur de vivre à Montélimar.

A ne pas manquer lors de votre visite :
- Le château des Adhémar est le berceau de la ville. Ce palais résidentiel d'époque romane accueille aujourd'hui le centre d'art contemporain.

- Le musée de la miniature ouvre ses portes sur l'univers de l'infiniment petit. Situé dans la chapelle du XIXème siècle de l'ancien Hôtel-Dieu, le musée dispose de plus de 300 miniatures du monde entier.

- Le musée européen de l'aviation de chasse est situé sur l'aérodrome de Montélimar-Ancône. Chasseurs à réaction anglais, américains, français, soviétiques ou italiens sont exposés dans les 15 000m² du musée.

- Le Palais des Sucreries et du Nougat, musée international des bonbons ouvrira le 17 juin 2005. Il permettra de découvrir le monde des sucreries et des petites gourmandises qui régalent les papilles des petits comme des grands.

- Le Château de Grignan, connu grâce à la célèbre Madame de Sévigné au XVIIème siècle, est un château de type renaissance.

Et au fait, le nougat ...
Le nougat est un mélange de sucre, de miel, de jaune d'œuf, de vanille, d'amandes et de pistaches. Tout d'abord, le miel et le sucre sont fondus puis cuits avec les blancs d'œufs montés en neige. Le sucre est ensuite incorporé et c'est ce qui lui donne son aspect pâteux. La vanille, les amandes et les pistaches sont ajoutées à la fin de la cuisson. L'ensemble subit un ultime malaxage avant d'être coulé dans un moule tapissés de pain azyme. Il est scié pour lui donner sa forme définitive. L'appellation nougat de Montélimar ne peut être décernée que si les produits contiennent au moins 30% d'amandes, ou 28% d'amandes et 2% de pistaches, et 25% de miel par rapport aux matières sucrantes employées.

Une petite histoire du nougat ... et du nougat de Montélimar Nux gatum :

L’origine du nougat se perd dans les mille et une nuits des temps. Des manuels arabes en mentionnent l’existence dès le XIIème siècle. En Orient, on l’appelle  haloua ou halwa (de hlou : "sucré"). Mais il se dit que bien avant encore, les Phéniciens commerçant sur la mer Méditerranée en propagèrent la recette jusqu’en Turquie, et plus au nord jusqu’aux rivages de la Grèce, de l’Italie, de l’Espagne. Au Moyen-âge, le nougat blanc de Marseille connaît une bonne renommée, peu à peu on apprend à le confectionner dans toute la Provence, et jusque dans le Sud-Ouest. A l’orée du XVIIIème siècle, début officiel de l’histoire du nougat à Montélimar, de quoi est fait le nougat ? Deux cents ans auparavant, dans son domaine du Pradel, à Villeneuve-de-Berg, l’agronome ardéchois Olivier de Serres a réussi à acclimater dans la région les premiers amandiers. Parce qu’elles se conservent mieux, les amandes vont progressivement supplanter noix et pignons employés jusqu’alors. Ce sont d’ailleurs les noix qui donnèrent son nom à cette spécialité : de nux gatum (gâteau de noix, en bas-latin), à nougo en provençal, enfin à nougat en français. Dans le nougat on trouve donc amandes, miel, et blancs d’œufs battus en neige qui vont aérer la pâte et lui donner sa couleur blanche caractéristique. Quelques rares artisans en fabriquent et le vendent, mais à cette époque règne surtout le fameux nougat de ménage, confectionné dans le secret des cuisines familiales par les grand-mères, et qui sera consommé pour les grandes occasions, notamment pour Noël.

1701 : serrés les uns contre les autre pour se protéger du froid piquant de ces tout premiers jours de mars, de nombreux habitants de Montélimar, les moins frileux, les plus curieux, les officiels des quartiers, hissant bannières de la cité, s’agglutinent autour des membres du conseil municipal en grande tenue, emmenés par le premier consul Claude Souchon. L’instant est exceptionnel. La petite ville reçoit une double visite princière : Louis, duc de Bourgogne, et Charles, duc de Berry, s’en reviennent d’Espagne avec leur escorte. Ils y ont installé leur frère Philippe, duc d’Anjou, sur le trône. Tous trois sont petits-fils du Roi Soleil. Les festivités ibères achevées, voici nos princes rentrant à Versailles, et, remontant la vallée du Rhône, ils ont choisi un peu par hasard Montélimar pour y faire étape. La colonne, forte de plusieurs centaines de fantassins, de plus de mille cavaliers, de charrettes tirées par des bœufs, est annoncée quelques lieues plus au sud, à Donzère, et progresse péniblement face à un Mistral déchaîné, dont les rafales les plus puissantes freinent net la marche des hommes, ou les jettent à bas de leurs montures. Contrairement à la légende, seules les cornes des bœufs restent bien accrochées ! Arc-bouté sur son destrier, le jeune Charles de Berry – tout juste quatorze ans – hurle pour se faire entendre : "Louis ! Quel est donc ce vent maudit qui ne nous donne pas de répit depuis Avignon ? N’aura-t-il donc jamais de cesse ? Mon crâne de dol se consume !".

De quatre ans son aîné, Louis de Bourgogne éclate de rire en s’accrochant désespérément à ses rênes :  "Patience, jeunot, dès avant Valence notre zéphyr se couchera comme une bête repue ! C’est le Mistral ! La spécialité du lieu ..." "Tudieu, réplique Charles entre deux rafales, qu’avons-nous fait de choisir ce Montélimar comme havre de repos ! N’y a-t-il donc point ici de spécialité plus douce ...". Spécialité plus douce il y a, à Montélimar. Et nos deux princes ne vont plus tarder à s’en délecter. Car par délibération consulaire du 2 janvier de cette même année 1701, les représentants de la cité ont décidé d’offrir à chacun des deux "enfants de France", pour leur "donner des marques de la joye",  un quintal de nougat (à cette époque, le quintal équivaut à peu près à quarante-deux kilos). Cette délibération, précieusement conservée par les archives municipales, comporte la première mention officielle du nougat ("nougat blanc"), à Montélimar. D’autres informations sont apportées par les délibérations suivantes. Ainsi la porte d’Aygu, à l’entrée sud de la ville, par laquelle pénétrera le convoi, est refaite pour l’occasion. On dresse trois arcs de triomphe, on bâtit autant de fontaines à vin, et on confie 800 livres à un homme de confiance, Paul Rapin, qui se rend à Lyon acheter la confiture sèche qui viendra compléter le nougat en cadeau, et à Condrieu acquérir mille deux cents bouteilles de vin rouge et six cents de vin blanc. On en profite aussi pour habiller de neuf les deux huissiers municipaux, nettoyer les rues que l’on va faire couvrir de sable, et réquisitionner les plus belles étoffes des bourgeois pour parer les murs des vieilles bâtisses. Dés lors l’idée de nougat-cadeau va faire son chemin jusqu’à nos jours, et l’habitude va être prise, à Montélimar, d’offrir la précieuse confiserie à tous les visiteurs plus ou moins prestigieux de passage en ville (l’ambassadeur de Perse en 1714, Louis-Philippe d’Espagne en 1774, etc.).

Nationale 7 :

 Mais le meilleur propagateur du nougat de Montélimar reste Emile Loubet. Natif de Marsanne, petit village drômois, ce personnage de l’histoire de France fut maire de Montélimar, sénateur de la Drôme, président du Sénat puis Président de la République de 1899 à 1906. Accédant ainsi aux plus hautes fonctions de l’Etat, Loubet va perpétuer la tradition locale et offrir du nougat à tout ce que l’époque compte de têtes couronnées, de présidents ou de chefs de gouvernements qui lui rendent visite au palais de l’Elysée. Les caricaturistes qui "croquent" Loubet à cette époque ne manquent jamais de laisser dépasser une barre de nougat de Montélimar de sa poche ! Dés lors les mots Montélimar et nougat se soudent indéfectiblement dans l’imaginaire populaire, et le nougat de Montélimar devient vraiment une spécialité. Cependant il faudra attendre encore quelques années, et l’instauration des congés payés, pour voir cette spécialité prendre un essor incomparable. La cité du nougat est idéalement située sur l’axe rhodanien qui relie l’Europe du Nord à l’Europe du Sud. On y passe en train (les locomotives à vapeur de la société PLM font halte en gare de Montélimar pour se ravitailler en eau et en charbon), et on y passe de plus en plus en automobile. La nationale 7 qui draine des millions d’usagers traverse la ville en son centre. C’est l’époque du fameux "bouchon de Montélimar" : coincés dans d’interminables embouteillages, nos automobilistes et leurs passagers calment leur impatience en se rassasiant de bon nougat. Un véritable âge d’or pour les nougatiers, qui prendra fin en 1968 avec l’ouverture de l’autoroute. Pour contrer ce coup du sort, les fabricants vont réagir sans tarder, et rattrapant leur clientèle où elle s’était déplacée, installer un grand point de vente, les regroupant tous, sur l’aire de repos de Montélimar. Aujourd’hui connu et réputé dans le monde entier, le nougat de Montélimar est sur le point d’obtenir, enfin, une appellation qui protègera sa recette unique. Une douzaine de fabricants élaborent la précieuse spécialité montilienne, pour une production annuelle d’environ 3500 tonnes.

Historique du nougat Chabert & Guillot :

L’histoire du nougat Chabert & Guillot est avant tout l’histoire de la famille Chabert. Au tout début, c’est Alexandre qui laisse la première empreinte dans l’aventure du nougat de Montélimar. Dans la première moitié des années 1800, il est pâtissier rue Puissantour (actuellement rue Raymond Daujat) et confectionne du nougat en complément de la pâtisserie traditionnelle. Son fils Ernest lui succède, qui comme lui, élabore le nougat blanc et le nougat noir pour le vendre à l’occasion des fêtes de fin d’année (le nougat fait partie de la tradition des treize desserts du Noël provençal). Avec la troisième génération, représentée par Charles Chabert (1888–1953), s’effectue la première grande mutation. Tandis que grandit la réputation du nougat élaboré dans la pâtisserie familiale, Charles constate que la fabrication de celui-ci prend une part prépondérante, au point de reléguer au second plan la vente des gâteaux. Du nougat, on en mange et on en offre désormais tout au long de l’année, sans attendre la Nativité. Homme avisé, il devine par ailleurs l’importance croissante que prendra le trafic dans la vallée du Rhône, grâce à l’essor de l’automobile. Et choisit de devenir nougatier à part entière. Plutôt que continuer l’activité dans les locaux, devenus exigus, de la rue Puissantour, il convainc son beau-frère Henri Guillot de lui apporter le complément de capitaux nécessaire au rachat des établissements Déjour, un nougatier installé depuis 1848 dans une ancienne usine à gaz, idéalement située tout près de la gare de chemin de fer et du jardin public. Nous sommes en 1913, et la marque Chabert & Guillot qui se constitue alors, adoptera comme date de naissance celle de son prédécesseur dans les lieux. Le décès prématuré d’Henri Guillot, sans descendance, maintient la société dans la famille Chabert. Depuis 1991, la rue dans laquelle l’usine est située a été rebaptisée rue Charles Chabert.  Pierre Chabert, qui prend la succession, développe et pérennise l’oeuvre familiale. Chabert & Guillot s’impose comme le premier fabricant de nougat de Montélimar, le plus réputé aussi. En 1954, le réalisateur Gilles Grangier qui tourne "Le printemps, l’automne, et l’amour" à Montélimar, choisit l’usine Chabert & Guillot comme cadre de sa comédie, avec un Fernandel - patron nougatier en vedette. Pierre Chabert se dévouera à la communauté à travers le syndicat professionnel et le groupement d’intérêt économique Inter-Nougat (vente de nougat sur l’autoroute). Le centre de médecine du travail de Montélimar porte aujourd’hui son nom.  Cinquième génération des maîtres-nougatiers, Didier Chabert prend la direction de la société en 1985, après une carrière de dix ans dans l’hôtellerie, au sein du groupe Accor. Il sera à l’origine de la deuxième grande mutation de l’entreprise, celle de son passage à la technologie. En 1987, il investit dans un processus ultra perfectionné permettant de produire dix tonnes de nougat en 24 heures. En 1992, avec l’aide de François Roelens, ingénieur des Mines, il crée le nougat liquide, appelé crème de nougat de Montélimar, positionnant le nougat en tant qu’ingrédient pour la pâtisserie et pour les glaces. En 1997, la société, tête de file dans le monde du nougat de Montélimar, souhaite se développer à l’échelon mondial et recherche des alliances avec un grand groupe. De son côté, La Raffinerie Tirlemontoise S.A., premier sucrier belge – elle-même filiale de Südzucker, premier sucrier européen – entendait poursuivre ses efforts d’investissements sur le marché des ingrédients pour pâtisserie. C’est ainsi que se réalise, le 1er octobre de la même année, l’union du leader du nougat français avec le leader du sucre européen, pour la poursuite commune et le développement de nombreux produits sous le label des filiales du groupe Surafti.

 

 

 

 

 
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